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Comptes rendus des sťances

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Séance du 21 janvier 2006

La poste, l’école d’autrefois et la guerre de 1939-1945 étaient au programme de la dernière réunion de la Société des sciences naturelles, archéologiques et historiques de la Creuse.

Guy Marchadier, mêlant documents d’archives et souvenirs personnels, a ouvert la séance en évoquant la poste automobile rurale (PAR) dans le département. Ce service, peu connu, se proposait d’atteindre les communes les plus déshéritées au point de vue des communications et de rompre l’isolement rural. Le premier circuit fut ouvert en novembre 1930, desservant les communes au sud de Guéret. Était mis en place chez un correspondant local un bureau postal à attribution limitée, cependant que la voiture transportait les colis, éventuellement quelques voyageurs, et que son conducteur pouvait effectuer les commissions chez l’épicier ou le pharmacien. Trois autres circuits seront par la suite mis en service. Mais le développement de l’automobile mettra fin au tout début des années 1970 à cette activité.

Les débuts difficiles de l’école des frères d’Aubusson, en raison d’un conflit avec la municipalité et de l’opposition d’une partie de la bourgeoisie locale, avaient été exposés par Daniel Dayen lors d’une séance précédente. Celui-ci a continué l’historique de cet établissement qui, l’apaisement venu, devint école communale et connut une longue période de prospérité sous la direction du frère Prétextat qui le dirigea de 1840 à 1876. Mais, après divers incidents, son successeur fut révoqué et le conseil municipal vota la laïcisation en 1883. Le bâtiment fut ensuite démoli et remplacé par l’école de la rue Châteaufavier, les frères ouvrant alors rue Saint-Jean une école privée entretenue par deux familles d’industriels.

C’est de la carrière de Jean-Baptiste Guillot, retracée par Raymond Chenot, dont il a été ensuite question. Né au moulin de La Planche, commune de Sainte-Feyre, en 1843, Jean-Baptiste Guillot entra à l’école normale de Guéret en 1859. Trop jeune à sa sortie pour être nommé titulaire, il seconda alors comme sous-maître l’instituteur de La Souterraine, Paul Fesneau, dont la réputation était grande. Nommé en 1864 à Ahun, il dut là faire face à la concurrence de l’école des frères et à l’hostilité du curé. Mais ses capacités pédagogiques et sa valeur morale lui valurent d’être fort apprécié de la population. Il sera choisi en 1867 comme directeur de l’école communale laïque de Guéret, nouvellement créée mais fort mal installée avant son transfert en 1880 dans les locaux de l’ancien collège. Enfin, en 1882, il deviendra le premier directeur de l’école primaire supérieure de La Souterraine.

La séance s’est close avec la présentation par Yves Durand des carnets de captivité de Fernand Depoux, écrits entre 1940 et 1945. Fernand Depoux, originaire de Mainsat, âgé de 37 ans lors de sa capture, marié, père de famille, est assez représentatif du million et demi de prisonniers français de la dernière guerre. Mais ses carnets témoignent de facultés intellectuelles bien supérieures à la moyenne. Les notations précises y alternent avec les réflexions morales, le style révélant d’étonnantes qualités littéraires comme l’a montré la lecture d’extraits concernant la longue marche vers le camp de rassemblement, le travail en commando dans un chantier forestier de Poméranie et l’exode en 1945 des populations allemandes fuyant l’avance de l’Armée rouge.

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Séance du 18 mars 2006

L’assemblée générale a adopté le rapport d’activités et le compte financier 2005. Elle a aussi adopté le rapport moral et le budget prévisionnel 2006. Elle a également entériné la proposition du conseil d’administration de porter la cotisation 2007 de 25 à 26 €.

Ont suivi deux communications.

Une dalle énigmatique dans l’église de Mazeirat.

L’église de Mazeirat, complètement remaniée à l’époque moderne, n’a pas grande originalité. Derrière la porte principale, une dalle porte une croix de Malte. À ses côtés, une autre montre un curieux dessin, réalisé par piquetage, qu’a décrit et commenté Jacqueline Sabourin. Au rang des hypothèses, on peut imaginer une croix latine, complétée, peut-être à l’époque révolutionnaire, par une tête, des seins et des pieds…

Le camp d’internement administratif d’Évaux-les-Bains.

Pierre Goudot a consacré de longues recherches au centre d’internement administratif d’Évaux-les-Bains, créé en novembre 1942. C’est dans une cinquantaine de camps que furent internés par le Régime de Vichy opposants et « indésirables », quelquefois dans d’épouvantables conditions, comme à Gurs. Ce ne fut pas le cas à Évaux où furent retenues dans l’hôtel thermal réquisitionné, des personnalités connues, pour beaucoup des hommes politiques de la IIIe République comme Édouard Herriot, mais aussi des militaires comme le bouillant général de La Laurencie, des journalistes comme Roger Stéphane, et même des personnalités d’extrême-droite comme Jean Filiol, le « tueur » de la Cagoule, dont la chambre dut être transformée en un véritable blockhaus tant il faisait peur aux autres détenus. Si les conditions de détention étaient douces, la surveillance n’en était pas moins pesante, avec la crainte permanente, pour les internés, d’être emmenés en Allemagne.

C’est au surlendemain du débarquement du 6 juin 1944 que les maquisards du commandant Stocker, avec la complicité de la gendarmerie locale, libérèrent les prisonniers dont beaucoup rejoignirent alors la Résistance. Parmi eux, André Vy, ancien secrétaire général de la préfecture de la Creuse qui, arrêté le 17 juillet, mourut à Buchenwald le 11 avril 1945.

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Séance du 6 mai 2006

La séance foraine 2006 de la Société s’est tenue à Fresselines le 6 mai. Le matin, après l’accueil chaleureux de la municipalité, a été présentée une exposition sur « Quelques aspects du patrimoine et de l’histoire du pays dunois », élaborée conjointement par la Société et les Archives départementales. L’éphémère canton de Fresselines (1790-1801), les châteaux, les personnages célèbres de la région et un épisode marquant de la vie politique creusoise, le duel Berton-Defumade (1898-1906) en constituaient la substance.

L’après-midi, la nombreuse assistance a pu entendre quatre communications.

Sous le titre « Un carnet de pêche de Maurice Rollinat », Henri LACROCQ a évoqué la passion du poète pour la pêche à la ligne. Celui-ci se rendait fréquemment de sa maison de La Pouge jusqu’aux bords de la Grande ou de la Petite Creuse avec tout un attirail de lignes munies de grelots pour l’avertir quand un poisson mordait. Il ne manquait pas de glisser dans sa poche un petit carnet où il notait d’un mot, au crayon, les images et les idées qui lui venaient spontanément et qui lui servaient d’aide-mémoire pour rédiger poèmes ou textes en prose, tels celui de « Pêcheurs de truites » qui ouvre le recueil de En errant.

Jean-Louis BROILLIARD a étudié « La composition socio-professionnelle de Fresselines à la veille de la Révolution », et ce grâce à un rôle de répartition des impositions. Établi en février 1790, ce rôle, pour la première fois, inclut les membres des anciens ordres privilégiés, clergé et noblesse, et regroupe toutes les impositions. Les patronymes alors en usage peuvent être recensés ; tous les métiers et leur importance relative nous sont connus. Fresselines, avec ses nombreux et importants villages, ses trois châteaux encore debout, était peuplée d’environ 1200 habitants, la plupart vivant de l’exploitation de la terre. Les migrants, charpentiers et maçons, étaient nombreux. On avait aussi des sabotiers, des tisserands, des cardeurs, des foulons… Le clergé non résident – l’abbé d’Aubepierre et les religieux de Montmorillon – et la noblesse – familles La Marche et Saint-Maur – disposaient de propriétés importantes, que la vente des biens nationaux allait bientôt offrir à une bourgeoisie rurale prête à prendre le relais et dont la famille la plus en vue était celle des Lasnier, dont les différentes branches, pour être distinguées, avaient déjà accolé à leur patronyme celui des métairies possédées.

« Claude Monet et les lumières impressionnistes de la Creuse » : fut le sujet de la communication de Maud BRUNAUD. Celle-ci, ne s’attardant pas sur le séjour du peintre à Fresselines en 1889, qui a déjà fait l’objet d’articles dans nos Mémoires, s’est surtout attachée à évoquer les difficultés qu’a eues l’artiste à saisir la complexité de la nature creusoise. Elle a aussi montré la place importante dans son œuvre des 23 toiles recensées, en particulier des 10 représentant le confluent des deux Creuse, qu’on peut considérer comme sa première véritable « série ». Ainsi à Fresselines, Monet a-t-il enrichi sa gamme colorée, son œil se sensibilisant un peu plus aux variations du temps. En peignant le même motif à différentes heures, il a eu la possibilité de mener un travail introspectif sur sa peinture, d’en saisir les nuances, les défauts, les limites…

« Les conseillers généraux du canton de Dun » élus depuis 1833, ont fait l’objet de la communication de Daniel DAYEN. L’un des intérêts de cette étude est le constat que le remplacement, dans les années 1890, des notables traditionnels par les « nouvelles couches » chères à Gambetta, remplacement qui constitue le schéma habituel, a été ici plus précoce, avec la défaite, dès 1877, du général Merle de Laveaucoupet, largement battu par Auguste Lacôte, fils d’un artisan dunois devenu, au prix de grands efforts personnels, docteur en médecine et qui sera en 1881 le premier député radical du département. On ne trouve qu’un seul autre parlementaire, Gaston Treignier, député de 1914 à 1919. La plupart des élus ne furent donc que des hommes politiques locaux, mais, en 1905, Benjamin Gauvin connut une certaine notoriété par son rôle d’arbitre pendant les événements de Limoges où il exerçait la fonction de juge de paix.

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Séance du 22 juillet 2006

La séance d’été 2006 de la Société des sciences naturelles, archéologiques et historiques de la Creuse s’est tenue à Guéret le 22 juillet.

Les assistants ont d’abord entendu une communication de Christiane Parouty portant sur le carnet de comptes d’un curé du XVIIIe siècle, ayant longuement exercé son ministère à Bord-Saint-Georges. Ont été notées là ses recettes, en particulier les dîmes perçues, et ses dépenses. On est frappé par l’importance de sa garde-robe et le nombre de ses voyages. On est également étonné de sa connaissance des événements nationaux, voire internationaux, comme le partage de la Pologne, qu’il a également transcrits dans ce document exceptionnel récemment découvert.

Jöel Jessel a ensuite présenté à l’aide de cartes et de graphiques une histoire synoptique des trains de la Creuse. À l’apogée du réseau ferré creusois, avec l’ouverture des lignes Felletin-Ussel (1905) et Guéret-La Châtre (1906), la Creuse comptait 58 gares ou arrêts, distants en moyenne de 7 km. Il en reste 16, les premières fermetures, conséquence des mesures de coordination rail-route, étant intervenues en 1939. Il est à remarquer qu’aujourd’hui seules subsistent en activité les lignes construites avant 1885, celles du plan Freycinet ayant toutes disparu.

En ces temps où il est question du transfert des cendres de Marc Bloch du Bourg-d’Hem au Panthéon, il convenait de rappeler, ce qu’a fait Daniel Dayen, l’amitié qui a lié le grand historien à Louis Lacrocq. Celui-ci, auteur d’une remarquable monographie de la commune de La Celle-Dunoise, en envoya un exemplaire aux Annales où Marc Bloch en fit en 1929 un élogieux compte-rendu. C’est Louis Lacrocq qui indiqua alors à Marc Bloch la possibilité de l’achat de la maison de Fougères. Leurs relations furent ensuite très suivies et, en 1940, au décès de Louis Lacrocq, Marc Bloch, pourtant alors mobilisé, lui consacra dans les Annales une longue et belle notice nécrologique.

C’est précisément Fougères qui fut ensuite l’objet de la traditionnelle sortie d’après-séance, où les visiteurs furent chaleureusement reçus par les descendants de Marc Bloch. Auparavant, ils l’avaient été non moins chaleureusement au château de Villebaton, ancienne propriété de la famille de La Celle par Mme Jousselin qui, pour terminer la journée, présenta les liens de la commune avec Pierre Bourdan.


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Séance du 23 septembre 2006

Au cours de la première séance d’automne de la Société des sciences naturelles, archéologiques et historiques de la Creuse ont été présentées trois communications.

Jacqueline Sabourin a recensé un certain nombre de stèles que l’on peut attribuer à l’âge du fer. Ces pierres, en réemploi, se retrouvent principalement dans les socles de croix mais elles ont pu servir à d’autres usages : piles à mil, pierres tombales… Elles sont de dimensions et de forme très diverses mais elles ont toutes un axe de symétrie : elles présentent une partie taillée, destinée à être vue et une partie brute pour la fixation dans le sol. Observées en dehors de tout contexte archéologique, leur identification est incertaine. Cependant un inventaire aussi complet que possible serait utile en vue d’études ultérieures.

Serge Gady et Claude Sirjacques ont présenté un curieux objet trouvé près du « camp de César » du Montpigeaud dans la commune de Saint-Éloi. Il s’agit d’un disque en terre cuite de couleur grise ayant une quarantaine de centimètres de diamètre et 10 à 12 centimètres d’épaisseur. Sur le cylindre a été gravée une croix entre les branches de laquelle se trouvent quatre lettres peu identifiables. Cet objet curieux pourrait peut-être avoir servi pour la confection de crêpes.

La terrible guerre civile qui opposa en Espagne, de 1936 à 1939, républicains et nationalistes, fut cause en France d’un afflux massif de réfugiés. Christophe Moreigne a relevé l’arrivée dans la Creuse de trois vagues de ces réfugiés. La première en 1937 concerna quelques centaines de femme et d’enfants qui furent dispersés dans une dizaine de cantonnements et qui furent assez rapidement rapatriés. Au printemps 1938 arrivèrent à Guéret environ 300 réfugiés, essentiellement des hommes que la presse locale présenta comme des déserteurs devant être internés dans des « camps de concentration ». Dans les premiers mois de 1939, ce sont à nouveau femmes et enfants qui constituèrent l’essentiel des 1 700 réfugiés pour lesquels fut édifié le camp de Clocher, lequel, pendant la guerre, recevra les « Groupements de travailleurs étrangers » institués par la loi du 27 septembre 1940.

À l’issue de la séance, les participants se sont rendus au musée de la Sénatorerie pour la visite de l’exposition consacrée à Marcel Jouhandeau et ses amis peintres.

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Séance du 18 novembre 2006

La séance du 18 novembre a donné lieu à quatre communications. La première, par Laurent Chabrol, avait pour thème les orchidées de la Creuse. Après avoir défini les buts et les moyens des conservatoires botaniques nationaux, l’intervenant a présenté, photos et cartes, à l’appui quelques-unes des variétés recensées dans le département. Il est à noter que trois d’entre elles bénéficient d’une protection nationale et neuf d’une protection régionale. Mais certaines ont aujourd’hui disparu, connues seulement par les descriptions et les herbiers de naturalistes comme Charles Le Gendre, Antoine Lafay ou Claude Sarrassat.

À la botanique a succédé l’archéologie avec l’exposé de Jean-Michel Beausoleil qui a présenté la découverte, liée à la mise à quatre voies de la nationale 145, d’un établissement rural de la fin de l’âge du fer au bois de Gouttemane, sur la commune de Parsac. Ce site, entouré de fossés qui servaient de drains, a fourni de nombreux objets de céramique et les trous de poteaux permettent d’indiquer l’existence de trois bâtiments : un grenier de 3 m² , un local d’exploitation de 30 m² et une maison d’habitation couvrant 40 m² . Il est à remarquer que l’établissement s’inscrit parfaitement dans un cercle, ce qui est aussi le cas d’autres sites similaires.

Pierre Ganne a ensuite présenté ensuite son étude sur les vestiges d’une charpente à « courbes » au village de Manaly, commune de Flayat. Celle-ci couvrait une grange-étable figurant sur le cadastre de 1842 et ensuite considérablement remaniée. Une seule ferme subsiste aujourd’hui, le joug assemblé très haut, l’extrémité transversante d’un des arbalétriers reposant sur un dé en pierre. Ces vestiges typiques d’une ancienne technique de charpenterie vernaculaire remontent sans doute à la fin du XVIIIe siècle.

Complétant son exposé du mois de mars, Raymond Chenot a poursuivi l’évocation de la carrière d’un instituteur de la Troisième République, Jean Baptiste Guillot, qui fut le véritable créateur de l’école publique de Guéret et qui fut en 1882 le premier directeur de l’école primaire supérieure de La Souterraine. Il a insisté sur deux moments ; d’abord en 1888 la remise par le recteur du grand prix de l’Académie de Clermont et « l’affaire Guillot » qui eut un retentissement national. L’accident survenu dans la cour à un élève, dont il fut rendu responsable, fut à l’origine d’une modification de l’article 1384 du code civil qui assimilait jusqu’alors les instituteurs aux artisans employant des apprentis.

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