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Comptes rendus des sťances

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Séance du 17 janvier 2009

La première séance de l’année 2009 de notre Société s’est tenue à l’IRFJS de Grancher. Trois communications étaient à l’ordre du jour. Avant celles-ci le président a dit l’émotion causée par les décès d’Henri Lacrocq, vice président, et d’Yvan Germain. Il a également déploré la disparition d’Étienne Bloch, fils de l’historien-résistant Marc Bloch, qui fut un grand ami de Louis Lacrocq.

Pierre Ganne a fait une mise au point concernant une nécropole gallo-romaine dans la commune de Flayat. À l’ouest de l’étang de La Ramade, une « série » de coffres funéraires gallo-romains a été autrefois mise au jour lors de l’aménagement d’un chemin. L’hypothèse d’une nécropole publique, abusivement extrapolée d’après les termes ambigus de le première mention en 1924, ne doit pas être retenue. En effet, seuls quatre coffres semblent assurés, exhumés au moins à deux époques différentes, dont seul un socle a pu être retrouvé. Sans doute s’agit-il plus d’une petite nécropole rurale, qui paraît dépendre de constructions localisées à l’emplacement du village actuel de Manaly.

Les divinités de tradition celtique du panthéon gallo-romain présentes sur le sol creusois ont fait l’objet de la communication d’Hélène Mavéraud-Tardiveau. De nombreux témoignages concernant ces divinités ont été découverts dans le département de la Creuse. Les sculptures (plusieurs sont au musée de Guéret), les figurines de terre cuite ou encore l’épigraphie nous permettent d’obtenir de précieuses informations sur ces dieux et ces déesses celtiques, qui cohabitaient harmonieusement avec les divinités romaines ou orientales honorées en Gaule. La Creuse a ainsi livré des noms, mais aussi des représentations tout à fait exceptionnelles de certains dieux celtiques, parmi lesquels Taranis qui régnait sur le ciel, ou encore Ivanos qui a donné son nom à Évaux-les-Bains.

Marlène Penny a fait part de ses recherches universitaires concernant les destructions et les reconstructions à la fin de la guerre de Cent Ans dans la région de La Souterraine. Il lui a fallu croiser de multiples sources. Ainsi les actes administratifs par lesquels les propriétaires ont concédé des réductions de charge témoignent-ils des efforts pour remettre en culture les terres abandonnées. Ainsi l’étude bibliographique du bâti et les prospections sur le terrain permettent-elles de suivre l’évolution des sites fortifiés. Bien des points demeurent cependant dans l’ombre. Mais, si le territoire n’eut pas à souffrir autant que la Guyenne, il n’en connut pas moins d’importantes dévastations, dont les réparations, en raison de la pauvreté de la région, ne se firent que lentement et de façon partielle.


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Séance du 21 mars 2009

Assemblée générale annuelle

Le président et la trésorière ont présenté comptes et rapports qui ont été adoptés à l’unanimité. Bien que frappée cette année de disparitions douloureuses, la Société est toujours forte de 650 membres. Elle a tenu régulièrement ses séances, dont une à Mainsat qui a été un franc succès. Le tome 53 des Mémoires a présenté comme à l’habitude de solides études sur l’histoire et le patrimoine de notre département. Un supplément aux Rues et places de Guéret paraîtra prochainement. Le site internet est très visité et la préparation du déménagement de la bibliothèque, qui sera hébergée dans la médiathèque en construction, est déjà commencée.

Communications

Un sceau à la quintefeuille

C’est un sceau qui paraît dater du début du XIVe siècle qu’a présenté Noëlle Bertrand. Il a été trouvé à Fressines, commune d’Éguzon. Il porte l’inscription « Guillaume, sire de Saint-Sébastien » avec un écu à la quintefeuille. On ne connaît cependant pas les armes des seigneurs d’alors : les Pourret. S’agirait-il d’armes parlantes ? Une seigneurie détenue par des La Feuille était voisine. Un membre de cette famille aurait pu épouser une Pourret et ainsi devenir seigneur de Saint-Sébastien. À noter qu’est rare en héraldique la quintefeuille (à ne pas confondre avec la rose), traitée en motif unique.

L’hôpital de Chambon-sur-Voueize

Christiane Parouty a retracé l’historique de l’hôpital de Chambon-sur-Voueize. Celui-ci a été créé en 1890 grâce au legs d’Edmond Germeau-Barailon, descendant du Conventionnel. Bénéficiaire de nombreux dons, cet hôpital a disposé de 31 lits. Les sœurs du Sauveur ont géré l’intendance et prodigué les soins aux malades. Les archives conservées permettent de connaître les affections traitées, les actes de chirurgie pratiqués. Au cours des années ont défilé les chapeliers de la localité, les ouvriers des mines d’or du Châtelet, les réfugiés et les blessés de la Grande Guerre, les républicains espagnols… Mais, dès 1935, les malades ont été dirigés vers les établissements hospitaliers de Montluçon et la fonction proprement hospitalière a alors disparu au profit de celle de maison de retraite. Mais, pour les Chambonnais, le bâtiment, aujourd’hui complété par une construction moderne, est toujours « l’hôpital ».

Des lettres de Jean Lurçat

Patrick Léger et Régis Saint-James ont présenté quelques lettres adressées par Jean Lurçat vers la fin de sa vie (1963-1964) à Maurice Dayras. Ces lettres permettent de mieux saisir le rôle du cartonnier dans le développement de la tapisserie au XXe siècle. Jean Lurçat y demande à l’historien d’Aubusson de l’aider à établir la chronologie des débuts de l’art tapissier contemporain et de son action par rapport à celle de Marie Cuttoli ; il s’y justifie de ses créations d’ateliers à l’étranger, y relate les succès de ses expositions du Chant du monde. Lurçat écrit pour la postérité et tente de marquer sa place dans le mouvement intellectuel contemporain. Il adresse aussi à Dayras pour ses archives quelques copies de lettres (Deferre, Mérieux…).


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Séance du 16 mai 2009

C’est à Fursac, avec la collaboration du Club du livre de la localité, que la Société des sciences de la Creuse a tenu sa traditionnelle séance foraine du mois de mai. Une exposition présentait notamment portraits et notices des personnages connus de la région, depuis le chroniqueur Adémar de Chabannes jusqu’à Pierre Labrousse, spécialiste de la langue indonésienne. Un panneau évoquait également la situation scolaire de chaque commune avant les lois Ferry.

L’avifaune de la Sédelle

Suite à des problèmes de pollution récurrents sur la Brézentine, cours d’eau affluent de la Sédelle, et consécutivement à une forte mobilisation de la communauté locale, le syndicat chargé de l’aménagement des deux cours d’eau (SIASEBRE) a décidé d’orienter sa politique vers la protection environnementale du bassin versant. À cet effet, des études préalables à un contrat de rivière ont été lancées dont une, concernant le patrimoine naturel et plus particulièrement l’avifaune. L’étude, dont a rendu compte Jean-Michel Bienvenu, a été menée en 2004. Elle a consisté en un inventaire méthodique par points d’observation visuelle et auditive. Les données recueillies permettent d’avoir une vision plus précise du peuplement aviaire, de l’organisation des habitats et surtout, elles représentent un état initial quant à la richesse spécifique du bassin versant.

Une adduction d’eau gallo-romaine

Raoul Vaugelade a présenté ses recherches sur la conduite d’eau gallo-romaine longue de plus d’un kilomètre, partant de la Font du Château et aboutissant près du château de Cros, en un lieu indéterminé. C’est environ 650 éléments comme celui que les assistants ont pu découvrir qui ont été nécessaires à la construction de cette canalisation, dont on ignore encore à quoi vraiment elle servait. C’est vers 70 après Jésus-Christ que la cinquantaine de chênes nécessaires ont été abattus.

Jean Grosset

Jean Grosset (1813-1879) est un Fursacois quelque peu oublié qu’ont voulu sortir de l’ombre Jean Grosset, son homonyme, et Daniel Parinaud. Maçon migrant, républicain de la première heure, il participa aux journées de juin 1848. Condamné à la transportation, il obtint cependant sa grâce en janvier 1849. Il deviendra ensuite un important entrepreneur et déposera des brevets de conduites de cheminées. En 1870, il sera nommé maire de Saint-Pierre-de-Fursac par son ami Martin Nadaud, alors préfet de la Creuse. En 1873, il fut l’un des fondateurs de la loge maçonnique de La Souterraine. Sa maison de Chabannes, agrandie par son nouveau propriétaire, deviendra l’école qu’ont fréquenté de nombreux enfants juifs pendant la dernière guerre.

Les fusillés de Fursac

En 1871, ce serait pour vol de poules qu’auraient été fusillés sous un gros chêne trois soldats d’un régiment cantonnant à Fursac. Tous les maires auraient refusé l’autorisation sauf celui de Saint-Étienne. Odette Vieilleribière a voulu confronter la mémoire collective avec les archives. Les actes de décès, datés du 23 février, donnent le nom des trois victimes et l’unité à laquelle ils appartenaient. Or les registres matricules du 81e régiment de marche révèlent que les fusillés avaient déserté à Châtellerault et avaient par la suite réintégré leur corps. Mais il n’a pas été possible jusqu’à ce jour de retrouver le jugement de la cour martiale intervenu la veille de l’exécution.

La recréation de communes supprimées : l’échec de Paulhac

La commune de Paulhac a été rattachée à Saint-Étienne-de-Fursac en 1824. Elle a tenté en vain à deux reprises, en 1848 et en 1880, de retrouver son indépendance. Au contraire, La Forêt-du-Temple, absorbée par Mortroux en 1836 a de nouveau été érigée en commune en 1883. Daniel Dayen a montré que le projet de Paulhac n’avait pas fait l’unanimité et avait manqué d’appuis, contrairement à La Forêt où la séparation a été largement due aux efforts persévérants de l’instituteur Ravaud.

La journée s’est terminée par la visite de l’église de Paulhac, sous la conduite de Mme Chedemois.


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Séance du 18 juillet 2009

Plus de soixante personnes ont assisté à la séance d’été de la Société des sciences naturelles, archéologiques et historiques de la Creuse où ont été présentées trois communications.

Quand Guéret n’était pas encore Chaminadour…

Les manuscrits de Jean-François Bonnafoux (1801-1875) qu’a étudiés Patrick Léger contiennent, au milieu de données archéologiques et scientifiques, un certain nombre d’éléments plus personnels qui nous dévoilent les dessous de la société guérétoise, principalement sous le Second Empire.

Bonnafoux, écrivant pour lui-même, narre souvent avec humour et sans autocensure les opinions des Guérétois sur leurs concitoyens, ainsi sur le président Coudert de Lavillatte, auteur d’une vie de Saint-Pardoux : « aveugles tous les deux, tous deux pauvres d’esprit », ou sur le marquis de Bonneval interrogé sur le nom des arbres de la route de Moulins et répondant : « Ce sont des peupliers et c’est avec cela que l’on fait des planches de sapin ».

Cures et curistes à Évaux dans la première moitié du XIXe siècle

Pierre Pageot s’est penché sur l’histoire du thermalisme évahonien. Sous la Restauration, Évaux, avec ses trois établissements vétustes et incommodes, n’était encore qu’une station thermale de troisième ordre avec une clientèle peu fortunée qui n’enrichissait guère ni les propriétaires des bains ni les commerçants de la ville. Cependant une société fondée en 1832 fit construire « le grand établissement » encore existant aujourd’hui, qui attira des catégories plus huppées de malades rhumatisants, goutteux, scrofuleux ou asthmatiques. Mais les « bains d’en haut » et les bains Déglaude continuèrent de recevoir moins riches et indigents envoyés par le conseil général : c’étaient les « bains des pauvres » !

Léonard Guéton, chansonnier ambulant

La TSF et la guerre ont fait disparaître des foires et des marchés les marchands ambulants de chansons sur feuilles volantes, à chanter sur des airs connus et s’inspirant souvent de faits divers sanglants. Léonard Guéton fut de ceux-là, parcourant au début des années 1920 la région de Pionnat où il était né en 1867, avec la particularité qu’il composait lui-même ses chansons patriotiques ou sentimentales. Sa vie, qu’a tenté de reconstituer Daniel Dayen, avec ses condamnations pour désertion et vagabondage, fut aventureuse, comme l’était le plus souvent celle de ces gagne-petit.

Au bois du Thouraud

À l’issue de la séance, les assistants se sont rendus au monument du Bois du Thouraud où Guy Avizou et Serge Meaume, maire de Maisonnisses, ont évoqué la tragédie du 7 septembre 1943 et le projet d’aménagement du site. Le retour s’est fait par Saint-Christophe, où ont été rappelées la vie et l’œuvre du docteur Villard, et par Monismes et son « marmot » figurant une divinité gallo-romaine.


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Séance du 19 septembre 2009

La séance de septembre de la Société des sciences naturelles, archéologiques et historiques de la Creuse s’est tenue à l’IRFJS.

Sépulture gallo-romaine sur la commune de Roches

A d’abord été présentée une communication de Gérard Gouyet portant sur une sépulture gallo-romaine inédite sur la commune de Roches. C’est lors de l’enfouissement d’un câble électrique qu’au lieu dit Les Fourgnières a été découverte au fond d’un trou parfaitement circulaire, dans le sol argilo-sableux, une urne en verre contenant des ossements calcinés. Autour de cette urne ont été retrouvés des tessons de poteries et des clous. L’examen de ces pièces indique une incinération datant de la seconde moitié du IIe siècle de notre ère, avec la particularité que l’urne n’était pas protégée par un coffre de pierre comme il est courant.

Plessage

La seconde partie de la séance a été consacrée à la projection du film Plessage ou l’homme-haie, tourné à La Celle-sous-Gouzon en 2008 par Alain Dhouailly, avec René Bourdet. Celui-ci a conservé cette technique de taille des haies vives qui permettait de faire des clôtures infranchissables pour le bétail. S’il apparaît difficile, dans les exploitations d’aujourd’hui, d’appliquer partout cette méthode, il n’en est pas moins nécessaire de conserver les haies, celles-ci pouvant parfaitement être entretenues par des procédés mécaniques.


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Séance du 21 novembre 2009

La séance de novembre de la Société des sciences naturelles, archéologiques et historiques de la Creuse qui s’est tenue à l’IRFJS a donné lieu à quatre communications.

Le biface du Bourg-d'Hem

Tout d'abord Cyril Lachaud a présenté ses observations sur un biface trouvé en 2000 lors d'une prospection archéologique sur le territoire de la commune du Bourg-d'Hem. L'étude de cette pièce permet d'avoir un rapide aperçu de ce type d'objet dans la Creuse et d'en voir les possibles apports. Son aspect le classe parmi des types ovalaires peu présents dans le département. Le matériau utilisé, originaire du Grand-Pressigny, prouve des relations Nord-Sud distantes de 100 km. Néanmoins, la validité chronologique de cet objet découvert hors contexte et peu altéré reste problématique.

La tuilerie-briqueterie de Saint-Alvard

Pierre M. Ganne a ensuite évoqué une tuilerie-briqueterie qui a existé à l'écart du village de Saint-Alvard, dans la commune de Basville. Cet artisanat rural remonte à la seconde moitié du XIXe siècle et a fonctionné jusque dans le premier tiers du XXe siècle. Une carte postale ancienne permet d'appréhender l'organisation des bâtiments vers 1910, dont seul le four droit est aujourd'hui très partiellement conservé. Quatre noms de tuiliers sont connus (Lemoine, Fauriaux, Lebouchard, Cognard) et deux estampilles sur briques pressées ont été retrouvées (Fauriaux, Cognard). La diffusion est essentiellement locale mais une brique a été découverte à Chénérailles.

Le mouvement coopératif creusois sous le régime de Vichy

Christophe Moreigne s'est interessé à l'histoire de l'Union des coopérateurs du Centre pendant les années sombres de la guerre. Lors de l'exode de 1940 une partie des locaux fut affectée à l'accueil des réfugiés et, par la suite, des sommes importantes furent remises par l'UCC au Secours national, à la Croix-Rouge et aux œuvres s'occupant des prisonniers de guerre. Mais plusieurs administrateurs, notamment Raymond Pruchon et Claude Cerclier, furent frappés par les décisions du gouvernement de Vichy. La coopérative participa grandement à la Résistance, notamment en fournissant des vivres aux maquis creusois. En 1944, nombreux seront les sociétaires à entrer dans les comités locaux de Libération.

Le sculpteur Claude Bouscau et le Massif central

Pour clore la séance, Franck Bouscau a évoqué la vie et l'œuvre de son père, le sculpteur Claude Bouscau, Grand Prix de Rome 1935, dont la vocation précoce fut révélée par les concours de châteaux de sable organisés dans sa ville natale d'Arcachon. Il a insisté sur ses rapports étroits avec la Creuse en raison de son mariage avec la fille d'un pharmacien de Guéret. On doit notamment à Claude Bouscau le monument de la Déportation d'Aubusson et la médaille du château de Boussac. Quant à son œuvre la plus connue, le monument des Péris en mer d'Arcachon, elle a été réalisée en granite de la Creuse dans l'atelier Conchon, près du cimetière de Guéret où repose l'artiste, décédé en 1985.

 

 


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